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Moeurs

Le Roi de l’Automobile.

Cette sensation, tout à fait nouvelle, que de fois j’en goûtai la force et le charme, au cours de ce voyage exquis, où je retrouve constamment mon admiration et, je puis le dire, ma reconnaissance, pour cette maison roulante idéale, cet instrument docile et précis de pénétration qu’est l’automobile, et surtout — puisqu’il faut bien finir par tout ramener à soi — l’automobile créée par vous, cher monsieur Charron, pour mes curiosités et mes vagabondes rêveries…C’est pour cela que j’aime mon autom...

Troubles de la circulation.

Le mal remonte loin ; Paris n’est pas jeune et, à tous les âges, il s’est plaint d’un encombrement de ses artères. Déjà, aux premiers temps de sa croissance, lorsqu’il ne possédait, à proprement parler, qu’une rue qui le traversait du nord au sud, cette voie, était si étroite que, à certaines époques, vendanges ou moissons, on ne pouvait pas s’y remuer. Il fallut la doubler par une autre voie parallèle, et c’est pourquoi nous avons, à peu de distance l’une de l’autre, nos rues Saint-Denis et Sai...

Les débuts du tourisme.

En dépit du voyage à jamais mémorable de Gulliver chez le peuple intéressant de Lilliput et des relations plus ou moins véridiques écrites depuis le capitaine Cook jusqu’au capitaine Marryat, l’imagination timide des géographes ne rêve plus les lointaines découvertes. Ils se sont contentés de tracer le cercle figuratif de l’univers, et, contemplant le globe de la hauteur de leur compas, ils ne cherchent plus à en reculer les limites.

L’appétit des Parisiens.

Quand quelque chartiste avisé nous donnera enfin une histoire critique de la cuisine française, il ne devra pas négliger de nous renseigner sur les origines de ce grand art, éminemment national. Admirable sujet d’études et de méditations, et qui mérite d’être traité d’après les scientifiques formules de l’école, car ces origines furent des plus modestes, on le soupçonne maintenant, et nous, Parisiens, devons particulièrement nous enorgueillir en comparant nos plus simples repas d’aujourd’hui ave...

Individualisme et liberté.

Le despotisme, qui, de sa nature, est craintif, voit dans l’isolement des hommes le gage le plus certain de sa propre durée, et il met d’ordinaire tous ses soins à les isoler. Il n’est pas de vice du cœur humain qui lui agrée autant que l’égoïsme : un despote pardonne aisément aux gouvernés de ne point l’aimer, pourvu qu’ils ne s’aiment pas entre eux. Il ne leur demande pas de l’aider à conduire l’État ; c’est assez qu’ils ne prétendent point à le diriger eux-mêmes. Il appelle esprits turbulents...

La famille, base des sociétés.

Selon la loi nouvelle, le père n’est plus responsable du fils, et le crime du père n’entache plus sa famille. En harmonie avec les différentes émancipations qui ont tant affaibli la puissance paternelle, ce système a fait triompher l’individualisme qui dévore la société moderne. Aussi, le penseur aux choses d’avenir voit-il l’esprit de famille détruit, là où les rédacteurs du nouveau code ont mis le libre arbitre et l’égalité.

Cuisines, traiteurs et restaurants.

Peu de lectures sont aussi amusantes que celle des anciens Guides du voyageur. Ils renseignent sur la façon dont on vivait autrefois à Paris, quand on s’y trouvait de passage et qu’on n’y avait pas maison montée. Dans le grand Guide de Reichard, imprimé à Weimar en 1805, on trouve même ce document étymologique : « Un nommé Boulanger imagina, en 1765, de donner du bouillon et de servir, sur de petites tables de marbre sans nappe, des œufs frais, de la volaille, etc. Il avait mis sur sa porte : Ve...

Les docteurs à brevet.

La médecine tient une grande place dans les sociétés incrédules. Plus l’homme s’éloigne des vérités chrétiennes, plus il s’attache à la vie. Qu’il se croie réservé au néant, que la pensée d’une autre vie vienne quelquefois le tourmenter, vivre longtemps est son affaire principale ; car sa nature a horreur du néant, et sa conscience a peur de l’éternité. Il craint la maladie, non seulement parce qu’elle est la privation des jouissances, seul bonheur auquel il sache aspirer, non seulement parce qu...

Vivre vieux.

Tout ce qu’il y a de jeunesse studieuse dans Paris a décidé d’aller, tous les 5 août, porter des fleurs et réciter des compliments au « père Chevreul », entré dans sa centième année. Les collégiens à képis, à tunique et à passepoils rouges ; les étudiants de toutes les écoles, ceux du droit, ceux le la médecine, tous les potaches, tous les potards, tous les clercs vont se diriger, en graves processions ou en gais monômes, vers le réduit tranquille où le vieux savant a installé sa vie finissante

Les Comptes fantastiques d’Haussmann.

Avant d’entrer en matière, permettez – moi de bien poser la question qui s’agite, à cette heure, entre M. le préfet de la Seine et la population qu’il régente, impose, endette, triture depuis quinze ans, sans mesure et sans contrôle. Les Parisiens ne disent pas qu’il n’y eût rien à faire dans l’ancien Paris, au moment où M. le préfet a commencé son office destructeur ; ils ne disent pas non plus que M. le préfet n’ait rien accompli d’utile ou de nécessaire. Nous reconnaissons qu’on a fait du nou...

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