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Idée - théorie

« L’homme est libre, la société le déprave. »

Il y a une religion de la Liberté, il y a une religion de l’Honneur, il y a une religion de l’Homme. Aux grands jours de son histoire, notre peuple n’a jamais voulu distinguer entre elles. C’est au nom de l’honneur, et non de la sécurité, de l’intérêt, du bien-être, c’est au nom de la dignité incessible et insaisissable de l’homme en face de l’État, qu’il exige la liberté.

Respirer, Paul Valéry.

La liberté est une sensation. Cela se respire. L’idée que nous sommes libres dilate l’avenir du moment. Elle fait s’éployer à l’extrême dans nos poitrines je ne sais quelles ailes intérieures dont la force d’enlèvement enivrant nous porte. Par une ample, fraîche, profonde prise de souffle à la source universelle où nous puisons de quoi vivre un instant de plus, tout l’être délivré est envahi d’une renaissance délicieuse de ses volontés authentiques.

Les sentiments communs.

L’histoire montre facilement qu’un peuple, tant qu’il ne possède pas des sentiments communs, des intérêts identiques, des croyances semblables, ne constitue qu’une poussière d’individus, sans cohésion, sans durée et sans force. L’unification qui fait passer une race de la barbarie à la civilisation s’accomplit par l’acceptation d’un même idéal. Les hasards des conquêtes ne le remplacent pas.

La Renaissance et la Révolution.

Il semble qu’on se borne trop souvent à n’envisager le grand mouvement de transformation, qui a bouleversé l’Europe occidentale à la fin du XVᵉ commencement du XVIᵉ siècle, que sous le jour artistique. Les transformations politiques n’y ont pas été moins importantes, et les transformations sociales. Transformations politiques amenées par un besoin général de centralisation – les autorités locales ayant, avec le temps, perdu de leur utile activité – et par l’apparition de l’esprit national.

Les débuts du tourisme.

En dépit du voyage à jamais mémorable de Gulliver chez le peuple intéressant de Lilliput et des relations plus ou moins véridiques écrites depuis le capitaine Cook jusqu’au capitaine Marryat, l’imagination timide des géographes ne rêve plus les lointaines découvertes. Ils se sont contentés de tracer le cercle figuratif de l’univers, et, contemplant le globe de la hauteur de leur compas, ils ne cherchent plus à en reculer les limites.

L’exemple de la Restauration.

La Restauration, si bien nommée parce que la France fut restaurée par la monarchie, avait aussi relevé nos finances. Cela tout le monde le sait, vaguement, comme on sait ces sortes de choses. Mais pour guérir le mal d’argent, qui était sérieux après l’équipée des Cent-Jours et le désastre de Waterloo, comment la monarchie s’y était-elle prise ?

Enragés et possédés.

Pendant ce temps, les rapports entre la Soviétie et l’Hitlérie se tendent un peu plus tous les jours. Ils deviennent même dangereusement tendus. Et par « ce temps », nous ne voulons pas parler seulement de celui où chaque jour qui n’est pas gagné pour la proscription des mesures de rigueur et de blocus contre l’Italie est perdu pour la sûreté de l’Europe et pour la sûreté des puissances européennes qui ont des possessions en Asie, sujet grave sur lequel nous reviendrons. Ce temps est aussi celui...

La Gaule romaine.

S’il était possible qu’un seul être humain fût en possession d’une généalogie assez complète pour remonter à deux mille ans, de quoi s’apercevrait-il ? D’une chose qui, à première vue, paraîtra non seulement étonnante mais presque incroyable, c’est qu’une soixantaine d’ascendants seulement le séparent du jour où Vercingétorix se rendit à Jules César.

Du dilettantisme.

L’un des symptômes les plus déconcertants de cette époque, c’est la promiscuité dans l’admiration. L’art étant devenu, comme le sport, une des occupations recherchées des gens riches, les expositions se suivent avec un égal succès, quelles que soient les œuvres qu’on exhibe, pourvu toutefois que les négociants de la presse s’en mêlent et que les étalages aient lieu dans une galerie connue, dans une salle réputée de bon ton par tous.

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