Main Area

Jean-Jacques Rousseau

« L’homme est libre, la société le déprave. »

Il y a une religion de la Liberté, il y a une religion de l’Honneur, il y a une religion de l’Homme. Aux grands jours de son histoire, notre peuple n’a jamais voulu distinguer entre elles. C’est au nom de l’honneur, et non de la sécurité, de l’intérêt, du bien-être, c’est au nom de la dignité incessible et insaisissable de l’homme en face de l’État, qu’il exige la liberté.

La mode du despotisme éclairé.

a notion de dictature au XVIIIᵉ siècle devait forcément subir des modifications importantes, causées non seulement par les idées nouvelles, mais, au moins autant, par les exemples vivants, qui sont d’un autre pouvoir. Ce siècle si hardi en matière religieuse et en matière sociale respecta presque toujours, contrairement à ce que l’on croit, l’ordre établi en politique, tant qu’il s’agissait de principes généraux. Les critiques ne portaient guère que sur les détails, – détails, il est vrai, d’imp...

Encore Jean-Jacques Rousseau.

A table, l’autre soir, on parlait de Rousseau. C’est l’homme du jour et il est de moins en moins probable que la fête de son bicentenaire soit très heureuse pour sa mémoire. Chaque fois qu’une affreuse curiosité ramène la pensée sur Jean-Jacques, c’est pour découvrir chez lui un peu plus d’ignominie. Et pourtant, ce livre monstrueux, ce musée des horreurs qui s’appelle les Confessions, ce n’est pas un livre que le dégoût fasse refermer. Jean-Jacques a beau être, selon le mot d’un personnage de M...

L’extravagant musicien.

« Qu’est-ce que la célébrité ? Voici le malheureux ouvrage à qui je dois la mienne. » Je ne vous donnerais pas en plus de trois ou quatre le nom de l’auteur de ces lignes et vous avez déjà reconnu cet accent de désenchantement et d’orgueil. C’est l’homme que le gouvernement de la République fêtera bientôt au Panthéon qui inscrivait ces mots en tête d’une réédition de son premier ouvrage, ce célèbre et absurde « discours » où il niait la civilisation et l’art dans le pays et dans le temps même où...

Robespierre, l’Incorruptible.

Lorsque la Révolution française de 1789 éclata, personne ne se doutait qu’on allait à la République : il n’y avait pas dix républicains en France, a dit l’historien Aulard. Lorsque la République fut proclamée, personne ne se doutait qu’on allait à la dictature. Le peuple français savait encore moins qu’en acclamant la liberté, il désirait l’égalité, que l’égalité est le contraire de la liberté, que l’une doit être sacrifiée à l’autre et que, par conséquent, il faut un pouvoir fort pour briser le...

Joseph de Maistre, journaliste sans journal.

Joseph de Maistre n’est pas plus un Français que Rousseau. Comme Rousseau le citoyen de Genève, il est le sujet fidèle et le magistrat du roi de Sardaigne. Jusqu’à l’âge de quarante ans, il ne songe nullement à publier : heureux de ses fonctions au Sénat de Savoie, de sa vie de famille, de lectures, de conversations, car c’est un admirable causeur. Comme Bonald, la Révolution française, en le déracinant, en mettant du tragique dans sa vie, dans ses idées, dans la société, l’oblige à s’interroger...

Madame de Staël : La Politique.

Le grand intérêt, encore actuel, de la Littérature consiste moins dans l’abondance des vues, anciennes ou neuves, que dans ce caractère de manifeste, qui est lié à l’élan prédicateur (bien genevois) de Mme de Staël et dans la liaison de ses idées avec la politique républicaine.

Naissance de la Critique littéraire : XIXᵉ siècle et Critique.

Le XIXᵉ siècle restera peut-être dans l’histoire le grand siècle, le siècle unique, de la critique littéraire. Au XVIIIᵉ siècle elle se réduisait, même chez Voltaire, à une poussière de sentiments, de goûts, de discussions, de formules, qui firent briller plus d’intelligence qu’ils ne laissèrent d’œuvres originales et durables. Quant au XXᵉ il est loin d’avoir encore remplacé suffisamment les grands critiques morts dans ses premières années.

2017-2018. Herald.fr