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Personnages

Paul Morand, littérateur-né.

Il faut savourer, chez M. Morand, la conjonction d’un lyrique de belle allure, aussitôt repris et comme tancé par un ironiste d’une qualité rare. Ses dons naturels sont exquis et il les amplifie par un art que je comparerai, sur le plan littéraire, à celui de Manet sur le plan pictural Des oppositions de couleurs, que l’on croit crues et mates, y aboutissent à un fondu de nuances. L’acuité solaire y a l’intensité suave du clair de lune.

Duquesne et la Mer.

Au moment où les choses navales prennent dans l’histoire des peuples modernes une importance si exceptionnelle, il était bien qu’une statue du célèbre marin fût élevée au Bouchet, près la poudrerie de la guerre, dans le domaine même acheté par Louis XIV et transformé en marquisat pour être offert par lui au « très cher et bien-aimé général de son armée navale ».

Christophe Colomb et le Nouveau Monde.

Colomb – en italien Colombo – naquit à Gènes vers 1446, dans une famille de pauvres tisserands. Il ne put recevoir dans sa jeunesse qu’une instruction rudimentaire qu’il s’efforça de développer dans la suite par un travail personnel. Il fut assurément un grand navigateur, mais il le fut par sa volonté, sa ténacité, l’énergie qu’il mit à parvenir au but ; dans le domaine même des sciences utiles au marin, ses connaissances n’ont jamais été que très restreintes.

Boileau réaliste, Boileau journaliste,...

Il y aurait sans doute encore bien des façons de moderniser Despréaux. Mais celles-là suffiront pour aujourd’hui. Et puis, il sera toujours permis de parler de Boileau homme de goût, de Boileau honnête homme et de Boileau poète français.

La Quintinie, le La Bruyère des poires.

Si, sortant de Versailles par la route de Saint-Cyr, on tourne à gauche dès la barrière franchie, on rencontre, au bout de quelque deux cents pas, une superbe et noble grille qui n’a pas l’air de s’ouvrir fréquemment : elle est rugueuse de rouille et de lichens, un peu embroussaillée même, et son fronton est découronné des emblèmes royaux qui l’ennoblissaient jadis. Du moins tel était son piteux état la dernière fois que je l’ai vue ; j’espère qu’on aura songé à la réparer et à l’entretenir, car...

Le Capitaine Cook autour du monde.

À l’époque où Cook parut, le monde commençait à être sillonné par des voyageurs avides d’en connaître la configuration. L’attrait des richesses à conquérir, le goût de l’imprévu, la séduction de terres qu’on pensait fabuleuses suscitaient, dans toutes les marines d’Europe, une émulation enthousiaste. Nos Français n’étaient pas les derniers à se porter alors à la découverte, et les noms de Bouvet, de Pierre Poivre et de Bougainville ne sont pas les seuls dont notre marine royale ait eu, au XVIIIᵉ...

Sur le caractère de Fénelon.

Fénelon voyait ce que personne ne pouvait s’empêcher de voir : des peuples haletants sous le poids des impôts, des guerres interminables, l’ivresse de l’orgueil, le délire du pouvoir, les lois fondamentales de la monarchie mises sous les pieds de la licence presque couronnée ; la race de l’altière Vasthi, menée en triomphe au milieu d’un peuple ébahi, battant des mains pour le sang de ses maîtres.

Le cardinal de Richelieu.

Le fameux cardinal a marqué dans l’Histoire par des choses extraordinaires. La plus notable de toutes c’est que prêtre, et faisant de la politique, deux choses qui réunies ne plaisent guère aux Français, il s’impose à eux à tel point que, par la légende malveillante elle-même, sa mémoire a encore grandi.

Au pays de Brillat-Savarin.

Deux de nos confrères se sont attribué la rude et noble mission de parcourir la France afin de découvrir et de signaler à leurs contemporains les bonnes petites auberges où l’on mange bien. Déjà ils ont visité ainsi la Normandie, l’Anjou, le Périgord, la Bresse, le pays de Gex et l’Alsace ; ils ont savouré, à Brantôme, des cous d’oie farcis ; à Honfleur, les truites gratinées à la crème ; aux Ponts-de-Cé, la tanche aux laitances d’alose ; à Périgueux, la soupe à la couenne de porc ; à Colmar, la...

Croquis normand, Maupassant.

Je n’ai qu’un titre à prendre aujourd’hui la parole devant vous (1) : je suis un des vôtres. Si le monument que nous nous proposons d’élever à Maupassant a sa place marquée dans votre glorieuse cité de Rouen, le pays normand tout entier a droit de s’en faire honneur. Comme Flaubert, son maître, dont il demeure à jamais inséparable, ce grand écrivain français est bien à nous.

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