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Antoine de Rivarol

Le génie de la langue française.

Si la langue française a conquis l’empire par ses livres, par l’humeur et par l’heureuse position du peuple qui la parle, elle le conserve par son propre génie. Ce qui distingue notre langue des langues anciennes et modernes, c’est l’ordre et la construction de la phrase. Cet ordre doit toujours être direct et nécessairement clair. Le Français nomme d’abord le sujet du discours, ensuite le verbe, qui est l’action, et enfin l’objet de cette action ; voilà la logique naturelle à tous les hommes, v...

André Chénier.

Comme Rivarol et Joubert c’est un posthume ; des liasses de papiers qui ne s’imprimeront qu’au cours de la génération suivante, et plus tard encore. L’interrègne révolutionnaire de la littérature est ici patent, saisissant, comme un décrochement sur une carte géologique. Il n’émigra pas – malheureusement.

Joseph de Maistre, journaliste sans journal.

Joseph de Maistre n’est pas plus un Français que Rousseau. Comme Rousseau le citoyen de Genève, il est le sujet fidèle et le magistrat du roi de Sardaigne. Jusqu’à l’âge de quarante ans, il ne songe nullement à publier : heureux de ses fonctions au Sénat de Savoie, de sa vie de famille, de lectures, de conversations, car c’est un admirable causeur. Comme Bonald, la Révolution française, en le déracinant, en mettant du tragique dans sa vie, dans ses idées, dans la société, l’oblige à s’interroger...

La Fayette, héros sans mas­que et sans échasses !

Quel est donc cet homme qu’une révolution n’a pu grandir, que le malheur n’empêche point d’être mépri­sable ? Parcourons rapidement les traits de ce héros sans mas­que et sans échasses, et faisons-le descendre à sa vraie dimension. En vain j’étendrais le tableau, l’homme se raccourcirait toujours ; mais qu’on me pardonne quelques détails. Il ne faut souvent qu’un trait pour peindre les grands hommes, il en faut une infinité pour peindre les petits.

La Littérature révolutionnaire, Albert Thibaudet.

le peuple chante, le peuple lit, le peuple écoute. La Révolution a écrasé, renversé ou dispersé la génération littéraire de 1789. Une invention et une création extraordinaires, dans l’ordre de l’action, ont pour rançon littéraire la disparition du goût, l’indigence des formes, la stérilité du théâtre et du livre.

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