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Période contemporaine

La guerre et le progrès.

Lorsque de grands événements secouent le monde, on évoque par la pensée les hommes qui les ont préparés, qui les ont conçus ou qui les ont annoncés et l’on se dit qu’il n’est pas juste qu’ils ne voient pas ça. C’est injuste parce qu’il est très rare qu’un homme ait su dire d’avance comment les choses se passeraient. Et puis il est tellement plus difficile de prévoir un avenir immédiat qu’un avenir lointain ! Vous le voyez bien par la lecture des journaux depuis quelques jours : prédire la chute ...

Les origines de la centralisation administrative.

J’ai entendu jadis un orateur, dans le temps où nous avions des assemblées politiques en France, qui disait, en parlant de la centralisation administrative : « Cette belle conquête de la Révolution, que l’Europe nous envie. » Je veux bien que la centralisation soit une belle conquête, je consens à ce que l’Europe nous l’envie ; mais je soutiens que ce n’est point une conquête de la Révolution. C’est, au contraire, un produit de l’ancien régime, et j’ajouterai : la seule portion de la constitutio...

Victor Hugo et Napoléon III.

M. Granier de Cassagnac publie des Souvenirs du Second Empire pleins de probité et d’intérêt. Il a l’esprit commode, mais la mémoire implacable, ce qui compense parfaitement la bénignité de l’humeur historique. C’est un homme du bon vieux temps où la presse n’était pas encore sauvage, et où le terrain politique comptait beaucoup d’adversaires qui pouvaient s’estimer. Lui-même, homme d’estoc signalé, n’a pas manqué d’amis parmi ceux qui le craignaient fort, et en a aimé plus d’un qu’il trouvait r...

L’exemple de la Restauration.

La Restauration, si bien nommée parce que la France fut restaurée par la monarchie, avait aussi relevé nos finances. Cela tout le monde le sait, vaguement, comme on sait ces sortes de choses. Mais pour guérir le mal d’argent, qui était sérieux après l’équipée des Cent-Jours et le désastre de Waterloo, comment la monarchie s’y était-elle prise ?

Enragés et possédés.

Pendant ce temps, les rapports entre la Soviétie et l’Hitlérie se tendent un peu plus tous les jours. Ils deviennent même dangereusement tendus. Et par « ce temps », nous ne voulons pas parler seulement de celui où chaque jour qui n’est pas gagné pour la proscription des mesures de rigueur et de blocus contre l’Italie est perdu pour la sûreté de l’Europe et pour la sûreté des puissances européennes qui ont des possessions en Asie, sujet grave sur lequel nous reviendrons. Ce temps est aussi celui...

Dix ans de soviétisme et l’avenir de la Russie.

Le dixième anniversaire de la conquête du pouvoir par les Soviets a donné lieu, dans les journaux du monde entier, à mille considérations diverses sur le passé, le présent et l’avenir du bolchevisme. On s’est accordé à reconnaître et la faillite du système et sa durée, deux choses qui ne sont peut-être pas aussi contradictoires qu’elles en ont l’air, parce que, du jour même où Lénine eut transigé avec ses principes, il put s’écrier : « Enfin, nous avons fait faillite. »

Les Prussiens à Paris.

Donc, à l’heure qu’il est les Prussiens sont dans Paris. Ils passent sous l’Arc de Triomphe. Ils descendent l’avenue des Champs-Élysées, ils traversent la place de la Révolution, où ils rencontrent les statues de Strasbourg et de Metz ; ils passent sous l’ombre de l’obélisque, – cet obélisque qui a vu Moïse ! Ils longent le jardin des Tuileries ; les voici devant la Colonne, les voici devant l’Hôtel de Ville, les voici partout. Rien ne bouge. Suivant la barbarie du rite antique, le vainqueur a v...

Napoléon III.

C’est peut-être grâce à la poésie du mythe napoléonien que la France du XIXᵉ siècle, qui avait inauguré son histoire par la plus célèbre dictature de tous les temps, devait la renouveler sous le nom d’Empire. Les Bourbons avaient ramené la paix et restauré les finances. Contre une opinion nationale exagérément sensible, et qui, tout à coup, pour l’Espagne, pour la Belgique ou pour l’Égypte, poussait par la voix de Thiers à la guerre contre l’Angleterre, Louis-Philippe avait maintenu la tranquill...

La tour Eiffel, cathédrale de la finance.

Tous les dithyrambes ont sévi. La Tour n’a point, comme on le craignait, soutiré la foudre, mais bien les plus redoutables des rengaines : « arc de triomphe de l’industrie, tour de Babel, Vulcain, cyclope, toile d’araignée de métal, dentelle du fer. » En une touchante unanimité, sans doute acquise, la presse entière, à plat ventre, exalte le génie de M. Eiffel.

La mode du despotisme éclairé.

a notion de dictature au XVIIIᵉ siècle devait forcément subir des modifications importantes, causées non seulement par les idées nouvelles, mais, au moins autant, par les exemples vivants, qui sont d’un autre pouvoir. Ce siècle si hardi en matière religieuse et en matière sociale respecta presque toujours, contrairement à ce que l’on croit, l’ordre établi en politique, tant qu’il s’agissait de principes généraux. Les critiques ne portaient guère que sur les détails, – détails, il est vrai, d’imp...

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