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Culture

L’empire gastro­nomique et les gens de lettres.

Dans l’empire gastro­nomique, le quartier des gens de lettres est tout près de celui des médecins. Sous le règne de Louis XIV, les gens de lettres étaient ivrognes ; ils se conformaient à la mode, et les mémoires du temps sont tout à fait édifiants à ce sujet. Maintenant ils sont gourmands : en quoi il y a amélioration.

Madame de Staël : La mère de la Doctrine.

Mme de Staël meurt à Paris en 1817 ayant à peine dépasse la cinquantaine, et, ce qui fait le tragique de cette fin, avant d’avoir touché une terre promise qui n’était plus éloignée et qui aurait été la voie glorieuse et comblée de sa soixantaine, et du triomphe de ses idées.

Madame de Staël : La Romancière.

Son empire, très réel alors sur les esprits, Mme de Staël l’exerçait d’ailleurs par ses romans plus que par ses livres d’idées. Delphine et Corinne eurent un succès, une popularité immenses. Il faut un effort sérieux, surtout une nécessité professionnelle, pour les lire aujourd’hui jusqu’au bout.

Madame de Staël : La Cosmopolite.

C’est le livre de son voyage d’Allemagne en 1804, de son séjour à Weimar, qu’elle ne dépassa pas, où l’Allemagne vint à elle, et enfin de son salon de Coppet, où Schlegel, revenu d’Allemagne avec elle, était passé maître de germanisme.

Madame de Staël : La Politique.

Le grand intérêt, encore actuel, de la Littérature consiste moins dans l’abondance des vues, anciennes ou neuves, que dans ce caractère de manifeste, qui est lié à l’élan prédicateur (bien genevois) de Mme de Staël et dans la liaison de ses idées avec la politique républicaine.

Madame de Staël : La Critique.

Ses livres de critique, on les appellerait plus justement des manifestes. Son intelligence est passionnée, et, pour éclore, il faut à ses idées la température de l’enthousiasme. Comme d’autre part elle parlait et faisait parler des événements et des idées du jour.

Madame de Staël : L’École des Salons.

La mère de Madame de Staël, était réputée la plus accomplie du pays de Vaud, ce qui lui avait valu d’être épousée sans fortune par le banquier genevois qui la fit Mme Necker. Par volonté, réflexion, application et bon sens elle avait réussi, à peu de chose près, à devenir Parisienne, et à tenir, dans l’hôtel du banquier, un salon fameux, le plus sérieux, le plus fréquenté par les gens de lettres.

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