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Culture

Paul Morand, littérateur-né.

Il faut savourer, chez M. Morand, la conjonction d’un lyrique de belle allure, aussitôt repris et comme tancé par un ironiste d’une qualité rare. Ses dons naturels sont exquis et il les amplifie par un art que je comparerai, sur le plan littéraire, à celui de Manet sur le plan pictural Des oppositions de couleurs, que l’on croit crues et mates, y aboutissent à un fondu de nuances. L’acuité solaire y a l’intensité suave du clair de lune.

Sur une carte de restaurant.

Quel tableau réjouissant que celui de notre pays à ces époques fortunées et plantureuses ; la lamproie, le saumon, poissons rares, se paient dix sous la livre ; pour dix à quinze sous, on a un couple de poulets ; deux canards pour dix-huit sous ; quant au beurre, on le paie cinq à six sous la livre et la douzaine d’œufs se vend trois sous. Où donc ?

La baie de Saint-Valery-sur-Somme.

De la chambre où j’écris, on découvre toute la baie de la Somme, dont le sable s’étend à l’horizon jusqu’aux lignes bleuâtres du Crotoy et du Hourdel. Le soleil, en s’inclinant, enflamme le bord des grands nuages sombres. La mer monte et déjà, du côté du large, les bateaux de pêche s’avancent avec le flot. Sous ma fenêtre, des barques amarrées au bord du chenal portent à leur mât, au lieu de voilure, des filets qui sèchent.

Boileau réaliste, Boileau journaliste,...

Il y aurait sans doute encore bien des façons de moderniser Despréaux. Mais celles-là suffiront pour aujourd’hui. Et puis, il sera toujours permis de parler de Boileau homme de goût, de Boileau honnête homme et de Boileau poète français.

La Quintinie, le La Bruyère des poires.

Si, sortant de Versailles par la route de Saint-Cyr, on tourne à gauche dès la barrière franchie, on rencontre, au bout de quelque deux cents pas, une superbe et noble grille qui n’a pas l’air de s’ouvrir fréquemment : elle est rugueuse de rouille et de lichens, un peu embroussaillée même, et son fronton est découronné des emblèmes royaux qui l’ennoblissaient jadis. Du moins tel était son piteux état la dernière fois que je l’ai vue ; j’espère qu’on aura songé à la réparer et à l’entretenir, car...

Du latin.

Rien n’égale la dignité de la langue latine. Elle fut parlée par le peuple-roi qui lui imprima ce caractère de grandeur unique dans l’histoire du langage humain, et que les langues même les plus parfaites n’ont jamais pu saisir. Le terme de majesté appartient au latin. La Grèce l’ignore ; et c’est par la majesté seule qu’elle demeura au-dessous de Rome, dans les lettres comme dans les camps.

Au pays de Brillat-Savarin.

Deux de nos confrères se sont attribué la rude et noble mission de parcourir la France afin de découvrir et de signaler à leurs contemporains les bonnes petites auberges où l’on mange bien. Déjà ils ont visité ainsi la Normandie, l’Anjou, le Périgord, la Bresse, le pays de Gex et l’Alsace ; ils ont savouré, à Brantôme, des cous d’oie farcis ; à Honfleur, les truites gratinées à la crème ; aux Ponts-de-Cé, la tanche aux laitances d’alose ; à Périgueux, la soupe à la couenne de porc ; à Colmar, la...

Croquis normand, Maupassant.

Je n’ai qu’un titre à prendre aujourd’hui la parole devant vous (1) : je suis un des vôtres. Si le monument que nous nous proposons d’élever à Maupassant a sa place marquée dans votre glorieuse cité de Rouen, le pays normand tout entier a droit de s’en faire honneur. Comme Flaubert, son maître, dont il demeure à jamais inséparable, ce grand écrivain français est bien à nous.

Délicatesses automnales.

L’Automne, c’est la saison où la nature, avant de s’abandonner au sommeil hivernal, rassemble ses dernières forces pour enchanter nos regards du spectacle de ses plus fastueuses, de ses plus opulentes splendeurs, de ses paysages nuancés de toute la gamme des ors et des rouges… Avant que les journées soient par trop courtes, flânons près du lac paisible, contemplons la magnificence de son décor, et, dans ses eaux limpides, péchons la truite, la belle truite lacustre, la truite jaune d’or aux fine...

Rosettes de langouste Renan.

Dans un fin court-bouillon cuisez deux langoustes de 1 kg. 200. Laissez-les s’attiédir dans leur cuisson, décortiquez les queues, parez-les, et taillez chacune d’elles en 7 belles escalopes.

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