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Art - Patrimoine

La baie de Saint-Valery-sur-Somme.

De la chambre où j’écris, on découvre toute la baie de la Somme, dont le sable s’étend à l’horizon jusqu’aux lignes bleuâtres du Crotoy et du Hourdel. Le soleil, en s’inclinant, enflamme le bord des grands nuages sombres. La mer monte et déjà, du côté du large, les bateaux de pêche s’avancent avec le flot. Sous ma fenêtre, des barques amarrées au bord du chenal portent à leur mât, au lieu de voilure, des filets qui sèchent.

La Quintinie, le La Bruyère des poires.

Si, sortant de Versailles par la route de Saint-Cyr, on tourne à gauche dès la barrière franchie, on rencontre, au bout de quelque deux cents pas, une superbe et noble grille qui n’a pas l’air de s’ouvrir fréquemment : elle est rugueuse de rouille et de lichens, un peu embroussaillée même, et son fronton est découronné des emblèmes royaux qui l’ennoblissaient jadis. Du moins tel était son piteux état la dernière fois que je l’ai vue ; j’espère qu’on aura songé à la réparer et à l’entretenir, car...

La Renaissance et la Révolution.

Il semble qu’on se borne trop souvent à n’envisager le grand mouvement de transformation, qui a bouleversé l’Europe occidentale à la fin du XVᵉ commencement du XVIᵉ siècle, que sous le jour artistique. Les transformations politiques n’y ont pas été moins importantes, et les transformations sociales. Transformations politiques amenées par un besoin général de centralisation – les autorités locales ayant, avec le temps, perdu de leur utile activité – et par l’apparition de l’esprit national.

Aimer Molière.

Aimer Molière, j’entends l’aimer sincèrement et de tout son cœur, c’est, savez-vous ? avoir une garantie en soi contre bien des défauts, bien des travers et des vices d’esprit. C’est ne pas aimer d’abord tout ce qui est incompatible avec Molière, tout ce qui lui était contraire en son temps, ce qui lui eût été insupportable du nôtre.

Eugène Boudin.

Il est naturel qu’Eugène Boudin ait une place d’honneur dans les fêtes données par une Société qui s’intitule Société Normande d’Art et de Traditions populaires (1). Eugène Boudin, l’excellent artiste, est un enfant de ce Vieux Honfleur dont nous avons pris le nom ; il y est né, en 1821, d’une famille de simples marins. Il a été, dans son temps, le représentant le plus distingué d’une des traditions dont notre ville est la plus justement fière, celle qui nous a donné Hamelin, Dubourg, Renouf, et...

La Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin.

On sait que le futur Musée des arts décoratifs doit être construit sur les ruines incendiées de la Cour des Comptes, s’il plaît à Dieu et surtout au hasard des loteries ; c’est-à-dire si les frais généraux et même particuliers, inséparables de la mise en œuvre de toute loterie qui se respecte, laissent les quelques sous nécessaires à l’achat des pierres de taille et à la pose des charpentes. Pourtant, bien que l’architecte n’ait pas encore remis ses plans et devis, la partie spécialement artisti...

La nuit gothique.

Dans le courant des IXᵉ et Xᵉ siècles, les invasions barbares sur le territoire de l’ancienne Gaule avaient multiplié massacres et destructions : les hordes sauvages se succédant les unes aux autres comme les flots écumeux d’un Océan démonté ; invasions sarrasines qui couvrent le Midi de la France, tandis que les Hongrois foulent les marches de l’Est. Par les fleuves arrivent les Normands, jusqu’au centre du pays, « nageans par l’Océan en manière de pyrates ». « Ces étrangers, écrit le chronique...

Du dilettantisme.

L’un des symptômes les plus déconcertants de cette époque, c’est la promiscuité dans l’admiration. L’art étant devenu, comme le sport, une des occupations recherchées des gens riches, les expositions se suivent avec un égal succès, quelles que soient les œuvres qu’on exhibe, pourvu toutefois que les négociants de la presse s’en mêlent et que les étalages aient lieu dans une galerie connue, dans une salle réputée de bon ton par tous.

Vincent van Gogh, l’apôtre, l’artiste.

À l’Exposition des Indépendants, parmi quelques tentatives heureuses et, surtout, parmi beaucoup de banalités, et plus encore de fumisterie, éclatent les toiles du regretté Van Gogh. Et devant elles, et devant ce crêpe noir qui les endeuille et qui les désigne à la foule indifférente des passants, l’on se prend d’une grande tristesse à penser que ce peintre si magnifiquement doué, que ce si frissonnant, si instinctif, si visionnaire artiste, n’est plus. La perte en est cruelle, autrement plus do...

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